Joseph Le Bon

Ivan Gobry.

Joseph Le Bon.

La terreur dans le nord de la France.

éditions du Mercure de France 1991.

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Personnalité énigmatique, Joseph Le Bon, jeune oratorien talentueux, abandonne à 25 ans les principes du christianisme pour ceux de la Révolution.
Proconsul de la Convention dans les départements du Pas-de-Calais et du Nord, il y installe le régime de la Terreur, s’entoure d’une cour crapuleuse, organise un système carcéral, fait fonctionner en permanence le tribunal révolutionnaire et la guillotine. La chute de Robespierre amène la sienne : il est décapité à son tour à 30 ans.
Dans son cinquième livre sur la Révolution, Ivan Gobry nous fait pénétrer dans l’engrenage de la férocité.

Délation, bassesse d’âme, parjure, déni de justice, rétroactivité, massacre et mauvaise foi…tous les travers de la « justice révolutionnaire »…à lire absolument.

carta marina

Carta marina.

Olaus MAGNUS.

Traduit par Elena Balzamo

Editions josé Corti.2005

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La Carta marina n’est marine que de nom, car elle représente non seulement les mers et les côtes, mais aussi l’intérieur des terres, tous les pays autour de la Baltique, tels qu’on se les imaginait au XVIe siècle : la Suède (avec la Finlande), la Norvège, le Danemark, la Russie, la Lituanie, la Pologne, l’Allemagne, la Hollande, mais aussi… la légendaire île de Thulé, les grands monstres marins et les serpents de mer fabuleux. Elle fut imprimée à Venise, en 1539, mais son auteur était suédois. A la fois humaniste et catholique intransigeant, Olaus Magnus (1490-1557), dernier archevêque de Suède sacré à Rome, dut quitter son pays devenu protestant pour vivre en exil d’abord à Dantzig, en Pologne, puis en Italie. Sa célèbre Carte fut ainsi élaborée et éditée à l’étranger ; elle est à la fois une œuvre érudite, une arme de combat, censée montrer aux Européens la grande valeur des territoires que Rome était en passe de perdre, un témoignage poignant de l’amour pour la Suède et un bel exemple de la cartographie renaissante.

Les créatures fantastiques et les scènes de la vie quotidienne, les prodiges naturels et les personnages de l’histoire scandinave ancienne s’avoisinent dans l’espace de la Carte et se croisent, formant une multitude d’histoires : faits divers et récits fantastiques, observations ethnographiques et contes de fées… La Carte raconte les histoires, et Elena Balzamo (essayiste et traductrice, spécialiste des littératures scandinaves) raconte l’histoire de la Carte, en décrivant les circonstances de sa création au lendemain de la Réforme en Suède, la vie aventureuse de son créateur, le milieu dans lequel il évoluait, un milieu cosmopolite qui, malgré les dissensions religieuses, était encore profondément uni : l’érudition était un bien véritablement commun, et le trésor de connaissances restait un et indivisible.

 

L’écriture runique et les origines de l’écriture

L’écriture runique et les origines de l’écriture

Alain de Benoist.

Editions Yoran Embanner 2017.

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Utilisée par les Germains à partir du Ier siècle de notre ère pour transcrire diverses langues germaniques antérieurement à l’alphabet latin, puis concurremment avec lui, l’écriture runique, attestée par plusieurs milliers d’inscriptions, reste à certains égards une énigme. Du fait de son apparition relativement tardive, les spécialistes se divisent entre ceux qui la font dériver du latin, ceux qui la rattachent à l’alphabet grec et ceux qui font appel aux alphabets nord-italiques (ou « nord-étrusques »). Mais aucune de ces solutions n’est de nature à expliquer les particularités spécifiques de l’écriture runique : l’ordre des lettres, qui diffère totalement de celui des alphabets méditerranéens, leur regroupement en trois séries immuables de huit runes (les ættir), le fait que chaque rune porte un nom qui lui est propre (le phonème initial de ce nom déterminant la valeur phonétique de la rune), etc.

En s’en tenant aux données strictement scientifiques, à l’exclusion de toutes les interprétations fantaisistes qui ont fleuri depuis deux siècles, ce livre reprend l’ensemble du dossier. Il examine les arguments en présence, aborde la question d’un usage symbolique ou « magique » des runes antérieur à leur usage comme écriture, s’interroge sur la possible homologie des ættir et des trois phases du cycle lunaire, puis dresse un bilan plus général de ce que l’on sait actuellement sur l’apparition et la diffusion de l’écriture en Europe.

Alain de Benoist, écrivain, philosophe, est l’auteur d’une centaine de livres consacrés surtout à la philosophie politique et à l’histoire des idées, mais aussi à l’histoire des religions, à l’archéologie, à la protohistoire et aux traditions populaires.

On a beaucoup écrit sur les runes mais ici, on est loin d’une approche ésotérique. Il s’agit d’une étude sérieuse par quelqu’un qui connaît parfaitement le sujet.

 

 

Michel de Ghelderode, la Flandre espagnole.

Michel de Ghelderode, la Flandre espagnole.

Pol Vandromme

Editions l’âge d’homme, février 2001.

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Le livre.

De Michel de Ghelderode, la France ne connaît que le théâtre. C’est pour elle, une œuvre étrange, et même étrangère – un pittoresque flamboyant qui la déconcerte et qui la dépayse.

Or ce qui explique ce théâtre, ce qui le nourrit obscurément, c’est, pour une part, l’histoire d’un peuple et d’un pays, et, pour une autre part, l’univers obsessionnel d’un écrivain qui a reconnu ses phobies dans le chant nostalgique qui berce les survivants de cette région.

L’auteur.

Pol Vandromme, né en 1927 à Charleroi, est l’auteur d’une cinquantaine de livres. Il a été consacré en 1984 par le grand prix du rayonnement français, en 1991 par le prix de l’union des éditeurs de langue française et, en 1992, par  le grand prix de la critique de l’académie française.

michel de ghelderode à Schaerbeek

 Michel de Ghelderode à Schaerbeek.

 

 

 

 

Chasse et pâturage dans les forêts du Nord de la France.

Chasse et pâturage dans les forêts du Nord de la France.

Pour une archéologie du paysage sylvestre (XIème-XVIème siècles).

François Duceppe-Lamarre.

éditions l’Harmattan, 2006.

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Peut-on comprendre les forêts sans parler de la faune qui s’y trouve ? On l’a longtemps pensé. Autant pour des raisons historiographiques que pour la difficulté du sujet. Après tout, contrairement aux arbres, les animaux courent, pour reprendre Aristote. Il faut donc considérer les écosystèmes forestiers comme des milieux complexes d’éléments fixes et mobiles dans lesquels l’homme a son mot à dire depuis longtemps.

Or la chasse et la pâturage constituent deux relations privilégiées entre l’homme et l’animal. Ce livre en fait la démonstration pour les forêts de plaine de type tempérée  du nord de la France (l’actuelle région nord pas de calais), soit un ensemble de comtés, de villes et de villages, de seigneuries et de forêts que l’on suit du XIème au XVIème siècle.

Selon Robert Delort, l‘un des intérêts majeurs de cette étude est de démontrer, par des exemples précis et aisément généralisables que les activités humaines telles que l’élevage et la chasse entrainent , dans une mesure dont on méconnaissait l’ampleur, des modifications profondes du paysage forestier.

 

Agrégé d’histoire et docteur en archéologie, François Duceppe-Lamarre travaille comme boursier francophone à l’institut historique allemand de Paris sur l’histoire de l’environnement à partir de la chasse dans les forêts et à partir de la résidence princière d’Hesdin en Artois.

 

Quatre cimetières mérovingiens du Boulonnais.

Quatre cimetières mérovingiens du Boulonnais.

Abbé Daniel Haigneré.

Lafitte reprints à Marseille 1977.

Tirage limité à 400 exemplaires.

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Publiée dans les bulletins et mémoires des sociétés savantes locales ou régionales, l’œuvre archéologique de l’abbé Haigneré n’a connu qu’une diffusion restreinte, ce qu’il faut d’autant plus regretter que les « quatre cimetières mérovingiens du boulonnais » (1866) ou le « dictionnaire historique et archéologique du Pas de Calais, arrondissement de Boulogne sur mer » (1880-1882), sont des ouvrages assez solidement documentés pour avoir résisté au temps et rester les instruments indispensables de toute connaissance dans les domaines de l’archéologie et de l’histoire du boulonnais.

La découverte de la nécropole de Pincthun, en 1857, marque les débuts d’Haigneré dans l’archéologie mérovingienne, une science encore fort neuve, illustrée,  en France, par l’abbé Cochet dont la « Normandie souterraine » (1854) fait autorité. Il déchiffre le document archéologique qui s’offre à lui avec le même esprit méthodique et rigoureux qu’il apporte à l’étude et au classement des archives de la ville de Boulogne. Une présence continue sur le terrain, pratique peu courante à l’époque, et une exploration scrupuleuse au cours de laquelle chaque détail est noté, lui permettent de recueillir, avec un riche matériel archéologique, d’intéressantes observations concernant les coutumes funéraires. Quand à la suite de pressantes démarches de ses amis, dont C.Roach Smith et le major R.Luard, les « quatre cimetières » paraissent en 1866, les mêmes qualités se retrouvent dans la publication.

La classique dissertation sur la civilisation et les mœurs des populations mérovingiennes se trouve ici réduite à quelques paragraphes. Ces considérations, qui n’ont plus qu’une valeur historique, n’encombrent donc pas l’ouvrage comme c’est trop souvent le cas chez les « antiquaires » du XIXème siècle. De même, Haigneré aborde avec prudence le délicat problème de la chronologie, encore mal définie à cette époque. Et si l’abbé Cochet, dans une lette du 5 janvier 1866,  reproche à son texte de manquer de rapprochements, il faut y voir une volonté de sobriété et non un manque de connaissance. Baudot, Cochet , Hagemans, Lindenschmit, Roach Smith, Troyon, Wylie sont cités succinctement en note quand des comparaisons ou des explications paraissent utiles à l’auteur. Haigneré s’attache à consigner ses observations plus que ces interprétations. Il est l’un des trop rares auteurs qui ont suivi l’exemple des frères Lindenschmit en publiant un plan de la  nécropole de Pincthun, ainsi qu’un inventaire par tombe, beaucoup plus détaillé et plus précis que celui de ses modèles.

Grâce au souci de l’abbé Haigneré de toujours « asseoir fièrement son édifices sur le roc indestructible du document », son ouvrage reste, plus d’un siècle après voir été écrit, la meilleure monographie de  nécropole publiée dans le nord de la France.  C’est aussi la seule publication qui nous fasse connaître les riches cimetières mérovingiens du VIIème siècle de la région boulonnaise.  Ces raisons justifient une publication qui rendra plus accessible un document utile et d’une lecture agréable car fort bien écrit.

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Armes et guerriers barbares au temps des grandes invasions.

Armes et guerriers barbares au temps des grandes invasions.

IVe au VIe siècle après JC.

Iaroslav Lebedynsky.

Editions errance Paris 2001.

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A travers l’étude des armes et de leur emploi, ce livre fait découvrir les traditions guerrières et les cultures des acteurs « barbares » des Grandes Invasions du IVe au VIe siècle : nomades asiatiques comme les Huns, ou européens comme les Sarmates ; Germains orientaux comme les Goths, les Vandales, les Burgondes, ou occidentaux comme les Alamans, les Saxons et surtout les Francs, qui conquirent finalement une grande partie de l’Occident romain. Agresseurs ou fugitifs, ennemis ou alliés de Rome, païens ou chrétiens, ces groupes « barbares » étaient tous essentiellement guerriers. Les armes étaient, dans leurs sociétés qui valorisaient la gloire martiale, des objets précieux et parfois sacrés, et elles demeurent aujourd’hui des témoins archéologiques importants de leurs migrations, de leur art, de leurs relations culturelles avec le monde romain et d’autres civilisations plus lointaines comme l’Iran ou la Chine. La première partie de l’ouvrage expose les différentes traditions militaires des « Barbares », de leurs idéologies guerrières à l’organisation et aux tactiques de leurs armées. Elle décrit l’interpénétration de ces traditions entre elles et avec celles de l’armée romaine lors du formidable brassage des Invasions. La seconde partie est consacrée aux armes (armes offensives, équipements défensifs, et aussi sellerie et emblèmes militaires), présentées par catégories avec une abondante illustration. Elle fait le point des connaissances et des débats actuels sur les questions d’identification, d’emploi, d’attribution ou d’origine des différents types.
Puisant à toutes les sources disponibles (textes d’époque, épopées germaniques, archéologie, reconstitution expérimentale, comparaison ethnographique), ce livre est un document de référence précieux pour qui s’intéresse non seulement aux techniques militaires, mais aussi à l’histoire et aux cultures des populations « barbares » à l’époque cruciale où elles substituent à l’ordre romain des civilisations composites qui annoncent le Moyen Age.

Iaroslav Lebedynsky a publié plusieurs livres et articles sur les peuples et les traditions guerrières de la steppe et du Caucase, et sur l’armement ancien de ces régions; il enseigne l’histoire de l’Ukraine à l’institut national des langues et civilisations orientales.

Ecologie traditionnelle.

 

Ecologie traditionnelle.

Louis Pasquier.

Editions du Trident 1991.

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Né en 1926, l’auteur a fréquenté des personnages tels que Gurdjieff, Schwaller de Lubicz, Hubert Benoit ou Alain Danielou, que la postérité a reconnus comme dépositaires de la Connaissance.

Cette expérience avec les Maîtres de la Sagesse se trouve relatée dans « Rencontre avec… »

De ces relations, une certitude s’est engagée : toute véritable écologie ne peut procéder que de la Connaissance. Et si ce n’est le cas, le risque est grand de tomber dans un sentimentalisme générateur de catastrophes.

Il nous faut considérer la Nature comme un livre dont la lecture nous conduira à une compréhension de notre situation à partir de laquelle nulle erreur ne sera possible.

Les parcs régionaux, les réserves écologiques, témoignent de notre cécité, et s’apparentent aux enclos dans lesquels les Indiens d’Amérique ont été enfermés.

Devant la catastrophe qui s’annonce, n’ayons crainte de modifier notre système de valeurs et sachons que le XXIeme siècle sera écologique ou ne sera pas…

Une vision « globale » de l’écologie !! à lire d’urgence.

 

 

La nuit la plus cruelle.

La nuit la plus cruelle.

Le Dunkerque allemand.

Christopher Dobson, Ronald Payne et John Miller.

Editions France empire, 1981.

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Quand on évoque les tragédies de la mer ayant entrainé de lourdes pertes en vies humaines, trois ou quatre noms viennent à l’esprit : le « Titanic », qui heurta un iceberg en 1912, le « Lusitania » torpillé pendant la première guerre mondiale, l’ »Athena », coulé à l’aube de la seconde, et l’ »Andrea Doria » abordé en 1956. Mais nul ne songe au « Wilhelm Gustloff » !

Et pourtant près de 10000 personnes (les chiffres sont encore débattus de nos jours), dont 4000 enfants, chiffre record sinistre, périrent dans les eaux glacées de la Baltique quand le « Gustloff », un ancien navire de croisière de l’organisation nazie « la force par la joie » (KDF : Kraft durch Freude), fut torpillé par un sous marin soviétique dans la nuit du trente janvier 1945. Cette même nuit, deux autres paquebots, bourrés comme le « Gustloff » de réfugiés allemands, subirent le même sort, portant à 18000 le nombre de victimes. De toute l’histoire maritime, ce fut « la nuit la plus cruelle »…

Elle se situe dans le cadre de l’opération par mer la plus importante qui ait jamais eu lieu. Du 23 janvier au 8 mai1945, de Prusse et de Poméranie, deux millions d’hommes, de femmes et d’enfants allemands, fuyant devant les exactions de l’armée soviétique (rappelons ici que le propagandiste communiste, Ilya Ehrenburg avait appelé au meurtre de tous les  allemands), furent évacués par mer vers l’ouest de la Baltique. Harcelée sans répit par les avions et les sous marins soviétiques, l’armada considérable de navire de tous tonnages organisé par l’amiral Doenitz réussit ce tour de force au prix de lourdes pertes. Ce Dunkerque allemand représente six fois l’opération réalisée en 1940 en évacuant des plages de Dunkerque les troupes franco-britanniques encerclées…

Christopher Dobson et Ronald Payne, deux des auteurs de « la nuit la plus cruelle », après avoir appris par hasard le nombre effarant des victimes du « Gustloff », découvrirent que deux des trois paquebots coulés la même nuit l’avaient été par le même sous marin soviétique, celui du commandant Marinesko. Ils demandèrent alors à leur ami John Miller, correspondant du Daily Telegraph à Moscou, de faire une enquête sur ce capitaine de la flotte sous-marine russe.

Les recherches de Dobson et de Payne dans les archives de guerre à Londres et dans celles de l’Allemagne fédérale, les récits qu’ils recueillirent de la bouche même des rescapés de cette tourmente, l’enquête de Miller en URSS qui révéla l’étonnante personnalité du commandant Marinesko (un alcoolique coureur de maisons closes) héros soviétique dont l’ascension sera suivie d’une condamnation au Goulag pour « crimes politiques », font de « la nuit la plus cruelle » un livre inoubliable et éclatant sur l’une des plus dures et des plus étranges opérations, demeurée ignorée en France, de la seconde guerre mondiale.

On pourra, sur le même sujet, consulter les Ouvrages de Heinz Schön, notamment « die Gustloff Katastrophe », et le roman de Gunter Grass : « en crabe ».

 

 

 

Propos sur l’éducation

Alain

Propos sur l’éducation

PUF 1957

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les propos sur l’éducation sont un recueil de pensées d’Alain concernant l’éducation, publié en 1932.

Le livre est composé de 87 chapitres, ou propos, indiqués en chiffres romains.

Alain y développe ses idées sur l’éducation, tirées de sa propre expérience de professeur ; il préconise par exemple la lecture ainsi que le travail personnel des enfants plutôt que les cours magistraux, l’étude des bases scientifiques (par les mathématiques et l’algèbre) pour faire comprendre les phénomènes physiques plutôt que de les expliquer directement, et l’étude de grands textes littéraires (malgré leur éventuelle difficulté) plutôt que de textes conçus pour l’enseignement, et ceci pour tous les enfants, quelle que soit leur origine ou leur condition. Cette pensée est à rapprocher du développement depuis la fin du XIXe siècle de l’enseignement obligatoire pour tous (Jules Ferry, Jules Grévy).

En effet, Alain s’insurge, non sans humour, contre les méthodes appréciées des inspecteurs de l’Instruction publique de l’époque. Il considère que c’est l’enfant qui doit travailler avant tout, orienté par le maître, qui de son côté doit avoir le plus de temps libre possible pour organiser sa classe et se cultiver. D’où sa critique des cours magistraux où le maître travaille et les élèves écoutent, c’est-à-dire n’apprennent rien et « méprisent » quelque peu ce maître qui cherche à les intéresser à tout prix (voir les citations représentatives de ce point de vue ci-dessous). Alain reprend (propos XIX) le mot de Napoléon sur l’enseignement, selon lequel il n’y a que deux choses à savoir parfaitement : géométrie et latin — Alain élargit l’enseignement du latin aux grandes œuvres littéraires. « L’enfant a cette ambition d’être un homme ; il ne faut point le tromper ; encore moins lui donner à choisir dans ce qu’il ignore » (propos XIX).

Citations

  • « Le défaut de ce qui est intéressant par soi, c’est qu’on n’a pas de peine à s’y intéresser, c’est qu’on n’apprend pas à s’y intéresser par volonté. » (II)
  • « Et enfin il n’y a de progrès, pour nul écolier au monde, ni en ce qu’il entend ni en ce qu’il voit, mais seulement en ce qu’il fait. » (VI)
  • « Si le maître se tait, et si les enfants lisent, tout va bien. » (XXV)
  • « On dit que les nouvelles générations seront difficiles à gouverner. Je l’espère bien. »

Extrait (XLVI) :

« A quelqu’un qui me demandait quelque ouvrage où les écoliers pussent apprendre à lire couramment, et qui fût au-dessus de la morale bêlante, je répondis : « prenez donc les Aventures de Télémaque. » (…) Cette prose est saine, pure et familière, sans le serré et le trait de nos prosateurs, qui ne conviennent point à l’enfance. Des hommes, des temples, des marchés, des voyages, des tempêtes ; de bons rois et des tyrans ; des législateurs, des prêtres, des guerriers ; toute la sagesse antique, tout ce monde méditerranéen d’où notre civilisation est sortie. Nulle trace du christianisme ; le paganisme est là tout nu ; c’est Minos qui punit les mauvais rois. Il ne manque rien à cette humanité ; c’est bien notre image. »


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