Les noms de lieux en France.

Les noms de lieux en France.

Ernest Nègre

Collection Armand Colin, Paris 1963.

N°376, 220 pages, 1 carte.

ernest nègre arnaud pattin

 M. l’Abbé E. Nègre. Professeur à la Faculté Libre des Lettres à Toulouse (Institut Catholique), est bien connu pour les travaux qu’il a consacrés aux noms de lieux du département du Tarn (1). Ces études régionales, limitées à un cadre géographique restreint, lui ont permis d’aborder, à partir de données assurées, les principaux aspects de la toponymie française dont il nous offre aujourd’hui, dans un petit manuel à l’usage des étudiants et du grand public, un tableau d’ensemble bien documenté.

Après avoir défini les buts et les méthodes de la science- toponymique.  l’Abbé E. Nègre, s’aidant à la fois des principaux ouvrages de ses prédécesseurs (A. Longnon, A. Vincent, A. Dauzat) et du résultat de ses propres recherches, nous présente la succession des grandes étapes historiques au cours desquelles a été progressivement constitué l’immense trésor des noms de lieux de France. Il examine ainsi, dans l’ordre chronologique, les formations préceltiques et celtiques (chapitres 1 et 2), avec un court appendice sur les influences phéniciennes et grecques (chap. 3), puis les formations latines ou romanes, antérieures nu xr siècle (chap. 4) ainsi que les formations non romanes (germaniques, bretonnes et basques) qui font l’objet du chapitre r,, enfin, les formations des dialectes romans actuels (chap. 6) et les formations proprement françaises, très peu nombreuses (chap. 7).

Dans l’avant-dernier chapitre, qui est à juste titre le plus important de I ‘ouvrage (73 pages), puisqu’il correspond à la très grande majorité des toponymes recensés, l’auteur souligne la variété des évolutions phonétiques locales : cf. p. 144, les différentes dénominations des terrains couverts de fougères. Comme tous les noms de lieux d’une région donnée, quelle que soit leur ancienneté, ont été soumis dans leur dernier état aux influences complexes qui ont déterminé la structure des parlers actuels. la connaissance précise de ces parlers et de leur histoire constitue, au départ, la base solide sur laquelle doit s’appuyer toute recherche toponymique.

Pratiquant lui-même cette méthode éprouvée, M. l’Abbé E. Nègre a introduit dans son exposé une foule d’exemples nouveaux qu’il a empruntés aux régions qu’il connaît particulièrement bien (domaine occitan) et qui apportent souvent une contribution originale à la solution de problèmes en suspens. C’est ainsi par exemple que la forme locale du mot sable, qui est saule dans lu moyenne vallée de la Garonne, permet d’interpréter les toponymes Sauté et Saulet dans le Lot-et-Garonne, non pas comme des « lieux plantés de saules > (le terme occitan étant safre ou sauze) mais comme des « terrains sablonneux > (p. 134). De même, le passage du groupe -nti- i, -urs- (S. A man­tio > St-Chameaux. dans le Tnr n) autorise le rattachement du nom de la ville de Carmaux, dans le même département, à l’anthroponyrne gaulois Caramantin» (p. 48) : ajoutons, ù l’appui de cette expltcatiun phonétique, que l’archéologie semble confirmer cette étymologie puf s­que des amphores italiques du 1er siëcle av. J .-<:. ont été trouvées ù côté de l’ancienne mine de cuivre de Rosières (Le Cros de l’.4 oenc), située dans ln banlieue même de Carmaux.

Ce dernier exemple souligne également. comme le fait l’auteur dans l’introduction de son livre, les liens multiples qui relient I ‘étude des noms de lieux aux recherches parallèles des historiens et des archéologues : c’est dire assez que ce nouveau manuel de toponymie apportera à de nombreux lecteurs, intéressés par d’autres disciplines, d’utiles éléments d’information, bien classés et clairement présentés.

Puisqu’un compte rendu doit comporter une partie critique, indiquons à présent, en plus de quelques corrections concernant la forme de certains noms de lieux (p. 53, Lauenças pour Laveneas, hameau de la commune de Saint-Georges-de-Luzenron, Aveyron. situé sur 14;’ ruisseau de Lavencou ; :p. 147, Montplaisir cité à côté de Mon/plai­sant, sans autre explication, ce qui risque de faire oublier qu’il s’agit d’une fausse graphie pour Monplaisir, cf. : Monrepos). diverses objec­tions sur des points de détail.

Dans les chapitres concernant les formations préromaines, pourquoi rattacher Toulon (Allier, Marne, Saône-et-Loire) à lu « racine préceltique tull, hauteur » (p. 26) et Toulon (Var, Dordogne, Allier, Saône-et-Loire) ù c: Telo, nom d’un dieu gaulois des sources » (p. 47). Comme l’a bien montré P. Aebischer (Revue Celtique, 47, 1930, pp. 427-441), il s’agit d’un même mot, très probablement gaulois – à en juger par son aire de répartition – qui est it l’origine de tous ces Toulon et aussi, comme le note d’ailleurs M.· l’abbé E. Nègre (p. 52) des noms communs téron et touron c: source >, répandus sur le même territoire. Bien que M. Ch. Rostaing (Toponymie de la Provence, pp. 262 et 270) ait également fait entrer sous deux rubriques différentes Le Thoronet (Lorgues, Var) et Le T’boronet (Gourdon, Alpes-Maritimes), il semble bien qu’il s’agisse dans les deux cas du même appellatif d’origine celtique désignant une source. Ce terme présente un vocaltsma différent de celui du mot pyrénéen luron, qui signifie exclusivement « hauteur, tertre :> : cf. le nom du tumulus dit le Turon de Bernac, à Bernac-Debat (Htes-Pyrénées).

Inversement faut-il faire descendre à la période latine ou romane les noms de ruisseaux du type Merdanson (p. 63) dont le suffixe en -ntto semble indiquer. d’après les travaux de M. H. Krahe (Sprache und Vorzeil, Heidelberg. 1954, p. 57), une origine beaucoup plus ancienne : cf. les hydronymes apparentés du type Merdaric, également assez nombreux. qui présentent un double suffixe -ara+ -ic, dont le dernier est celtique. L’alternance des deux suffixes -ntio et -ara, que l’on retrouve dans Visontion (Besançon)/Visara (Vézère), est caractéristique, d’après le même auteur, de l’indo-européen occidental (alteuropaïsch), antérieur à la différenciation du gaulois. D’autre part, ces hydronymes désignent-ils vraiment des eaux malodorantes ? Sur le Causse de Sauveterre, la source-puits de Merdans, près de La· Péri­gouse (Cne de Sainte-Enimie, Lozère), a des eaux qui ne sont pas spécialement malpropres. Le problème qui se pose est donc de savoir si le radical de ces hydronymes est bien le mot latin merda. ·

Dans le chapitre consacré aux formations germaniques, il nous semble imprudent d’attribuer aux Wisigoths à la fois les noms en -ens (par ex. Escatalens) et les noms en -ville (par ex. Ramonville) de la région toulousaine (p. 109). Si la première série peut être sûrement attribuée à ce peuple, par contre la seconde doit être postérieure au v1• siècle et révèle plutôt des influences franques quelquefois fort tardives : c(. les nombreux Merville (Rte-Garonne, N’ord, Somme, Eure, Calvados) formés avec un adjectif roman (A. Vincent, TF, § 762). D’un autre côté, le nom de lieu Margastaud, qui est interprété comme une formation romane (p. 63), pourrait être considéré, à notre avis, comme un toponyme d’origine wisigothique, ainsi que nous essaierons de l’établir dans une étude spéciale.

Ces quelques critiques, qui ne sont, à vrai dire, que des interrogations, concernent principalement des domaines encore insuffisamment explorés (toponymie préromaine, toponymie germanique, hydronymie). Elles ne sauraient diminuer la valeur de cet excellent manuel qui ordonne clairement une masse considérable d’exemples répartis sur l’ensemble du territoire français. Elles reflètent simplement l’état provisoire d’une science en devenir dont les matériaux s’augmentent tous les jours de la publication de nouveaux documents (textes inédits, lieux-dits cadastraux, atlas linguistiques, découvertes archéologiques) qui font surgir chaque fois de nouveaux problèmes.

Le livre dense et vivant de M. l’Abbé Nègre trouvera certainement un très large public, car il donne à son lecteur la certitude stimulante que la connaissance approfondie des toponymes de son entourage familier lui permettra de saisir au-delà de la résonance affective, mais encore confuse, de noms restés le plus souvent inexpliqués, l’écho objectif et clair d’un vrai savoir.

André SOUTOU.

 

 

 

Lettres de chasse.

Lettres de chasse.

Boganis (Wilhelm Dinesen)

Traduit du danois par Eva Sauvegrain et Eric Choppin de Janvry.

Editions Michel de Maule 2009.

ouvrage de Boganis, Wilhelm Dinesen

ouvrage de Boganis, Wilhelm Dinesen

Pétries d’humour et de sensibilités, ces « lettres de chasse » s’adressent aux chasseurs comme aux amoureux de l’environnement. Au Danemark, elles sont considérées comme un « chef d’œuvre d’intelligence de la nature » et font partie du patrimoine national.

En vingt huit lettres, Wilhelm Dinesen conte d’une plume alerte les chasses et les pêches les plus variées dans la Scandinavie du XIXème siècle. Lièvres, tétras-lyres, saumons, colverts, daims, bécassines, cigognes, goélands…Le panorama animalier est impressionnant et croqué avec une infinie justesse.

On y découvre aussi les réflexions d’un homme à la vie exceptionnelle. Wilhelm Dinesen,  jeune aristocrate danois, s’engage comme officier d’état-major dans l’armée danoise puis française. Il assiste à la Commune (1870-1871), dont il livre un témoignage poignant dans « Paris sous la Commune » (Michel de Maule, 2003). Epris d’aventure et de liberté, il vit ensuite dans le Wisconsin auprès de tribus indiennes qui le surnomment Boganis (« noisette sauvage »). Rentré au Danemark en 1879, c’est sous ce pseudonyme qu’il se rend célèbre tant par son œuvre littéraire que par son ardent combat politique au Parlement danois, avant de disparaître brutalement à l’âge de 49 ans.

Les « Lettres de chasse » ont profondément marqué de leur empreinte l’œuvre de sa seconde fille, la future Karen Blixen, dont « la ferme africaine » est teintée de leçons de choses glanées au fil des lettres et des récits d’un père très aimé.

198 pages, illustrations de Chantal de Crissey.

 

 

Ansfried, van zwaard tot kromstaf / Ansfried, de l’épée à la crosse.

Ansfried, van zwaard tot kromstaf

Door Frans Tonnaer

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Een toegankelijk boekje over de stichter van het klooster in Thorn. Wie was hij en wat had hij in Thorn te zoeken? In wat voor wereld kon een militair gevraagd worden om bisschop te worden?

De bedoeling van de auteur is om geïnteresseerde derden te laten delen in zijn enthouisiasme voor het intrigrerende leven en werk van de stichter van de abij Thorn: graaf en latere bisschop Ansfried. Tevens licht het boekje een tip van de sluier op over het leven van diens echtgenote Hilsondis en hun dochter Benedicta, de eerste abdis van Thorn.

Nederlands

Uitgever:

Stichting Abdijkerk Thorn 1997

Bijzonderheden:

12 x 21, 72 pag.

 

Un livret accessible sur le fondateur du monastère de Thorn. Qui était-il et que devait-il chercher à Thorn ? Dans quel monde pourrait-on demander à un militaire de devenir évêque?
L’intention de l’auteur est de faire participer des tiers intéressés à son enthousiasme pour la vie intrigante et l’œuvre du fondateur de l’Abbaye de  Thorn : Comte et plus tard l’évêque Ansfried. Le livre explique également une pointe du voile sur la vie de sa femme Hilsondis et de leur fille Benedicta, la première abbesse de Thorn.

 

En néerlandais. 72 pages nombreuses illustrations.

Le feu.

Le feu.

Gabriele d’Annunzio.

Edition Calmann Levy, collection pourpre 1949.

le feu gabriele d annunzio

Publié en 1900, Le Feu fait partie des romans mythiques de la littérature italienne. Il met en scène Stelio, poète et dramaturge chantre de la nouvelle Italie qui veut restaurer l’Empire romain, et sa maîtresse la Foscarina, tragédienne sublime mais plus âgée que lui. Tourmentée par la jalousie, elle acceptera de se sacrifier pour la gloire de son jeune amant. S’il peut  se lire avant tout comme le récit des amours de son auteur avec la Duse, comédienne célèbre et rivale de Sarah Bernhardt, Le Feu est aussi un hymne à Venise, ville luxurieuse et royale, et un roman expérimental dans lequel D’Annunzio rompait audacieusement avec le récit réaliste et naturaliste alors en vigueur.

Le roman se divise en deux parties : L’Epifania del fuoco et L’Impero del silenzio.

Gabriele-di-Annunzio

 

Les religions gauloises

Les religions gauloises

Jean Louis Bruneaux.

CNRS éditions Paris 2016.

les religions gauloises arnaud pattin

Druides perdus dans les forêts profondes, banquets orgiaques, boucliers et trophées, magies, sacrifices humains…Les clichés sur la religion gauloise ont la peau dure. Mais quelle était vraiment la religion de nos mythiques « ancêtres » ? Quelle était cette religion sans prophète, sans règlement, sans écrits, ni histoire à présenter ? Ces questions sonnent comme un défi : on ne dispose que des quelques pages de César et de quelques lignes dispersées d’auteurs antiques, dont l’interprétation peine à s’affranchir de la mythologie et du panthéon irlandais bien plus tardifs et si éloignés des rives de la méditerranée gauloise.

Cet essai croise les découvertes archéologiques récentes avec les textes antiques, et offre le plus fiable des exposés sur les religions celtiques dans les Gaules avant la conquête romaine. L’auteur nous restitue les pratiques anciennes des Gaulois, nous fait rentrer au cœur des sanctuaires et nous expose ces liens si particuliers entre les Celtes, leurs sociétés si diverses et leurs dieux.

Un classique de l’histoire et de l’archéologie des gaulois enfin réédité.

Directeur de recherches au cnrs, au laboratoire d’archéologie de l’ens, Jean Louis Brunaux a dirigé de nombreuses fouilles sur les sites gaulois de Picardie, en particulier à Gournay sur Aronde.

A noter : la présence d’un très intéressant index des sources antiques disponibles.

 

L’éthique de la terre.

L’éthique de la terre

Suivi de Penser comme une montagne.

Petite biblio Payot classiques,

Edition Payot et Rivages, paris 2019.

ethique de la terre aldo leopold arnaud pattin

« Prends garde à ce que tu laisses. »

Il y eu trois pionniers américains de la pensée écologique : l’ermite Henry David Thoreau, le voyageur John Muir et le forestier Aldo Leopold. On doit à ce dernier, que certains tiennent pour un géant littéraire et un prophète, les premières politiques de protection des espaces naturels, une réflexion inégalée sur la nature sauvage, et la conviction qu’il est possible à l’homme de développer une intelligence écologique.  Car « l’éthique de la terre » est possible. Elle repose sur l’idée lumineuse de communauté et d’équilibre. Grâce à elle, nous pouvons tous apprendre à être heureux dans la nature. A la fois narrative et philosophique, l’écologie d’Aldo Leopold possède une force surprenante : elle pulvérise notre arrogance tout en nous chuchotant « l’opinion secrète » de la montagne à l’égard des loups.

Traduit de l’anglais par Aline Weill.

Illustration, Xugu (1823-1896)

aldo leopold arnaud pattin

 

 

 

L’ours

L’ours.

L’ours, histoire d’un roi déchu.

Michel Pastoureau.

Éditions du seuil 2007.

l'ours pastoureau arnaud pattin

Longtemps en Europe le roi des animaux ne fut pas le lion mais l’ours, admiré, vénéré, pensé comme un parent ou un ancêtre de l’homme. Les cultes dont il a fait l’objet plusieurs dizaines de millénaires avant notre ère ont laissé des traces dans l’imaginaire et les mythologies jusqu’au cœur du Moyen Age chrétien. De bonne heure l’Église chercha à les éradiquer. Prélats et théologiens étaient effrayés par la force brutale du fauve, par la fascination qu’il exerçait sur les rois et les chasseurs et surtout par une croyance, largement répandue, selon laquelle l’ours mâle était sexuellement attiré par les jeunes femmes. Il les enlevait et les violait. De ces unions naissaient des êtres mi-hommes mi-ours, tous guerriers invincibles, fondateurs de dynasties ou ancêtres totémiques.

Michel Pastoureau retrace les différents aspects de cette lutte de l’Église contre l’ours pendant près d’un millénaire : massacres de grande ampleur, diabolisation systématique, transformation du fauve redoutable en une bête de cirque, promotion du lion sur le trône animal. Mais l’auteur ne s’arrête pas à la fin du Moyen Age. Inscrivant l’histoire naturelle de l’ours dans la longue durée, il tente de cerner ce qui, jusqu’à nos jours, a survécu de son ancienne dignité royale.

Le livre se termine ainsi par l’étonnante histoire de l’ours en peluche,  dernier écho d’une relation passionnelle venue du fond des âges : de même que l’homme du paléolithique partageait parfois ses peurs et ses cavernes avec l’ours, de même l’enfant du XXIe siècle partage encore ses frayeurs et son lit avec un ourson, son double, son ange gardien, peut être son premier dieu.

417 pages, nombreuses illustrations.

chasse à l'ours

 

 

 

Almanach d’un comté des sables.

Almanach d’un comté des sables.

Aldo Leopold.

Édition Aubier 1995.

 arnaud pattin

Aldo Léopold (1887-1948) a consacré sa vie à la protection de la nature. Devenu célèbre grâce à « l’almanach d’un comté des sables », ce fut aussi, de son vivant, un scientifique de réputation internationale, conseiller auprès des Nations unies, auteur de plus de trois cent cinquante articles consacrés essentiellement à des sujets scientifiques et politiques.

L’almanach d’un comté des sables (a sand county almanach) a été publié pour le première fois à titre posthume en 1949.  L’ouvrage s’est très vite imposé comme un classique des écrits consacrés à la nature. Considéré à l’égal du « Walden » de Thoreau, il constitue également l’un des textes fondateurs de l’écologie.

« le pouvoir de ce livre n’est pas seulement dans les idées. Il est avant tout dans la beauté de la langue, dans les images qu’il fait apparaitre, dans la fraicheur des sensations. On pense à Thoreau dans sa retraite de Concord, à sa conviction presque mystique que « le salut du monde passe par l’état sauvage »(…).

Le regard prophétique qu’Aldo Leopold a porté sur notre monde contemporain n’a rien perdu de son acuité, et la semence de ses mots promet encore la magie des moissons futures. Voilà un livre qui nous fait le plus grand bien. (JMG Le Clézio).

 

Extrait :

« On court deux dangers spirituels à ne pas posséder une ferme. Le premier est de croire que la nourriture pousse dans les épiceries. Le second, de penser que la chaleur provient de la chaudière.

Pour écarter le premier danger, il convient de planter un jardin, de préférence assez loin de toute épicerie susceptible de brouiller la démonstration. Pour le second, il suffit de poser sur ses chenets une  bûche de bon chêne, loin de toute chaudière, et de s’y réchauffer tandis qu’une tempête de neige maltraite les arbres au dehors. Pour peu qu’on l’ai abattu, scié, fendu et transporté soi-même, en laissant son esprit travailler en même temps, on se souviendra longtemps d’où vient la chaleur, avec une profusion de détails qu’ignoreront  toujours ceux qui passe le weekend end en ville près d’un radiateur. »

aldo leopold arnaud pattin

 

Josquin des Prez

Josquin des Prez.

1440-1521

Prince de la musique.

Jean Roset.

édition du conseil régional de Picardie, pas de date.

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L’auteur s’est senti autorisé à écrire une biographie de Josquin des Prez, parce que ce « prince de la musique » était jusqu’ici quelque peu oublié sur sa terre natale du Vermandois, sur la terre picarde plus généralement et peu honoré sur l’ensemble du territoire français. Et dans cette collégiale de Saint Quentin où il fit ses premières armes d’adolescent au XVe siècle, ne s’élèvent plus depuis longtemps vers ses hautes voûtes les divins mélismes de ses motets. Toutefois depuis une vingtaine d’années, un regain pour la musique de la Renaissance commence à le sortir lentement de l’oubli. Considéré en son temps comme le premier dans toute l’Europe, les Italiens, avec lesquels il a beaucoup frayé, n’hésitaient pas à l’élever au rang de Virgile, ou de Michel Ange de la musique.

La présente biographie ne retrace pas seulement les diverses étapes chronologiques de sa longue vie, mais essaie de le situer dans cette période charnière où la Renaissance succède à  l’ère gothique, et d’en faire le témoin actif de tous les évènements annonçant les temps modernes.

Arnaud Pattin.

Joseph Le Bon

Ivan Gobry.

Joseph Le Bon.

La terreur dans le nord de la France.

éditions du Mercure de France 1991.

ivan gobry joseph le bon la terreur dans le nord de la France.

Personnalité énigmatique, Joseph Le Bon, jeune oratorien talentueux, abandonne à 25 ans les principes du christianisme pour ceux de la Révolution.
Proconsul de la Convention dans les départements du Pas-de-Calais et du Nord, il y installe le régime de la Terreur, s’entoure d’une cour crapuleuse, organise un système carcéral, fait fonctionner en permanence le tribunal révolutionnaire et la guillotine. La chute de Robespierre amène la sienne : il est décapité à son tour à 30 ans.
Dans son cinquième livre sur la Révolution, Ivan Gobry nous fait pénétrer dans l’engrenage de la férocité.

Délation, bassesse d’âme, parjure, déni de justice, rétroactivité, massacre et mauvaise foi…tous les travers de la « justice révolutionnaire »…à lire absolument.


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