Orages d’acier.

Orages d’acier.

Ernst Jünger.

« Le livre d’Ernst  Jünger sur la guerre de 14, orages d’acier, est incontestablement le plus beau livre de guerre que j’ai lu ; d’une bonne foi, d’une véracité, d’une honnêteté parfaite »… André Gide, Journal.

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Œuvre sans doute la plus célèbre et la plus lue d’Ernst Jünger, ce récit est le journal de guerre d’un engagé volontaire dans le conflit de 1914-1918. Fantassin, Ernst Jünger est sur tous les champs d’opération : la Champagne, les Flandres, la Somme.  Il constate et nous livre toutes les atrocités de la guerre, évoquant la vie quotidienne du soldat : la peur, la crasse, l’ennui, le courage.

Sans avancer de point de vue idéologiques ou moraux, Ernst Jünger s’applique à transcrire de façon la plus exacte et jusque dans le détail cocasse la réalité sordide de la guerre.

Il note ainsi aussi bien l’épreuve des hommes face à la mort que telle particularité concernant la population d’une localité ou le comportement des animaux sur le champ de bataille.

Ici triomphe souverainement l’art à la fois lucide et poétique d’Ernst Jünger. Un homme parle sur le ton le plus juste et le plus noble et nous le voyons découvrir dans la réalité la plus sordide un signe de l’esprit et une raison de grandeur.

Extrait :

« Le grand moment était venu. Le barrage roulant s’approchait des premières tranchées. Nous nous mîmes en marche… Ma main droite étreignait la crosse de mon pistolet et la main gauche une badine de bambou. Je portais encore, bien que j’eusse très chaud, ma longue capote et, comme le prescrivait le règlement, des gants. Quand nous avançâmes, une fureur guerrière s’empara de nous, comme si, de très loin, se déversait en nous la force de l’assaut. Elle arrivait avec tant de vigueur qu’un sentiment de bonheur, de sérénité me saisit.
L’immense volonté de destruction qui pesait sur ce champ de mort se concentrait dans les cerveaux, les plongeant dans une brume rouge. Sanglotant, balbutiant, nous nous lancions des phrases sans suite, et un spectateur non prévenu aurait peut-être imaginé que nous succombions sous l’excès de bonheur. » 

ernst jünger arnaud pattin

 

 

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