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Archives pour septembre 2016

Les Creux-de-maisons.

Ernest Perochon

Les Creux-de-maisons.
Editions du Rocher 2004.

 

ernest perrochon les creux de maison Arnaud Pattin
Les Creux-de-Maisons, roman que l’on peut qualifier de rural, si ce n’est de ruraliste, constitue l’un des ouvrages les plus représentatifs des centres d’intérêt et du style de son auteur, Ernest Pérochon (1885-1942). Auteur quelque peu négligé, mais non pas oublié, et dont le temps fort de la production littéraire se situe dans les premières décennies du XXe siècle. Prix Goncourt en 1920 pour Nêne, son roman le plus célèbre, Ernest Pérochon est également l’auteur de recueils de poésies, ainsi Chansons alternées, ou encore Flûtes et Bourdons. Ecrivain de la ruralité, l’auteur dépeint un monde qui n’existe plus, un monde dont les derniers vestiges ont disparu dans les années 1950 et 1960, le monde paysan français d’antan, dont l’apogée se situe entre les années 1820 et la Première Guerre mondiale. Ainsi, dans Les Creux-de-Maisons, l’auteur s’attache-t-il à relater, à conter plutôt, la vie d’un journalier et de sa famille dans une campagne de l’Ouest. Vie d’une dureté que l’on ne s’imagine plus, régie par une économie des plus strictes, l’autarcie étant la règle pour la plupart des produits de consommation courante. Et, à travers le personnage principal du roman, Séverin Pâtureau, c’est tout le petit monde d’une campagne française, avec son bourg et ses villages, que l’on découvre : les tenaces jalousies paysannes, la langue savoureuse où français et patois se mêlent insensiblement, les drames de la pauvreté avec son cortège de malheurs familiaux. Très grand roman paysan, Les Creux-de-Maisons offre au lecteur une immersion totale dans un univers historiquement encore proche, mais ô combien éloigné du nôtre par ses conditions de vie.

un roman qui m’a déchiré l’âme…

 

Terres de mémoire

Terres de mémoire

Ma Bourgogne

Le toit du monde occidental.

Henri Vincenot

Interviews d’Alfred Mignot.

Photographies de Gyula Zarand.

Editions universitaires Jean Pierre Delarge, 1979.

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De très grands écrivains d’aujourd’hui racontent de façon très libre dans chacun des livres de cette collection les souvenirs qu’ils ont de leurs terres d’enfance et de leurs racines, en ce qu’ils ont compté pour la création de leur personnalité et de leur œuvre.

Après André Dhôtel, l’Ardennais, voici Henri Vincenot, le Bourguignon, né en 1912, l’auteur célèbre de « la billebaude » et du « Pape des escargots » qui nous invite ici sur ses terres de mémoires, son chemin des étoiles.

La Bourgogne. La seule région de France qui ait un masculin : le Bourgogne. De ce vin là comme de celui, « raide », de son Arrière-Côte, Henri Vincenot est fier, en authentique Bourguignon. Mais à toujours parler de ce vin, qui a conquis le monde, on ne songe guère à tous les autres plaisirs qu’une civilisation lente, paysanne, forestière et artisanale était capable de procurer à ses adeptes.

Poursuivant ici le travail mis en évidence par « la billebaude » et le « pape des escargots » -raconter ses racines- Henri Vincenot défriche pour nous les taillis de notre inculture citadine. Sur les sentiers, il retrouve l’empreinte du grand noir, le sanglier seigneur des forêts morvandelles ; sur les chapiteaux des églises romanes, il décrypte des messages oubliés ; à table, il nous rappelle que bien manger et bien boire, c’est communier avec Dieu.

De cet homme qui ne prétend avoir aucun message à délivrer, mais qui tient à témoigner, nous apprenons que, contrairement à la fable, les gens heureux ont une histoire. Et avec leur « r » qui roule, leur Vouivre, leurs vins, leurs plats, leurs Saints et leurs racines, les Bourguignons ont su conserver, malgré la modernité –contre elle ?- l’instinct du bonheur.

 

Extrait :

« allez dans les auberges, le soir, une fois que le fumier a été tiré, que les vaches ont été soignées : vous y verrez ceux qui viennent boire le canon et jouer la partie de tarot. Je me demande en quoi on peut trouver dans leur type une quelconque influence « romaine » ?

Chaque communauté a son sobriquet. On nous appelle aussi les  « môssieurs ». C’est plus récent. « Pêle-chien », c’est moyenâgeux. Ça veut dire que les gens de chez nous iraient jusqu’à peler les chiens. On dit maintenant : « ils tondraient un œuf ». « il ne faut rien laisser perdre » : c’est presque la devise du village !

C’est aussi la mienne. Bien que nous soyons follement imprévoyants et négligents, par folles bouffées…Gaulois, quoi ! »

 

 

 

 

 

La Vendée en armes.

La Vendée en armes

Deux volumes :  « 1793 » et « les Géants ».

Jean François Chiappe.

Edition Perrin, 1982.

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De 1792 à 1832, de la chute de Louis XVI aux lendemains du départ de Charles X, les provinces de l’ouest – Anjou, Poitou, Maine, Bretagne et Normandie- ont, tantôt ensemble, tantôt séparément, tenu tête à la centralisation révolutionnaire.

Princes et pauvres, gentillâtres et bourgeois, paysans, artisans, marins, faux sauniers ont mené, avec un indomptable courage, cinq guerres bien différentes, allant de campagnes classiques aux luttes de l’ombre.

Longtemps fut réputée rétrograde cette épopée en sabots. Il était temps qu’à des récits partiaux fit place la sérénité de la grande Histoire.

A travers quelques uns des personnages les plus fascinants de cette aventure titanesque – et, tout d’abord, M. de Bonchamps,  l’officier modèle devenu général de guerre civile, et le prince de Talmont, diable à quatre, dont l’action permettra la réunion de la Grande Armée et de la première Chouannerie- Jean François Chiappe montre comment Blancs et Bleus se sont battus pour une conception différentes de la Liberté.

Si l’anecdote trouve sa place, si « l’histoire bataille » et « l’histoire traité » restent à l’honneur, les analyses psychologiques, économiques et sociales rendent au sujet sa vérité, son ampleur et son actualité.

Table des matières :

1793

Livre premier

La grande guerre de M. Bonchamps.

Livre deux

Le prince de Talmont et son ami Jean Chouan.

Les Géants

Livre trois

Le chevalier Charrette et son émule Nicolas Stofflet.

La Vendée devant l’Histoire.

 

 

Sparte

Sparte

Géographie, mythes et histoire.

Jacqueline Christien et Françoise Ruzé.

Edité chez Armand Colin 2007.

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Bénéficiant d’apports archéologiques nouveaux, cet ouvrage inédit met en lumière la nature, le rôle et le poids de cette cité, longtemps occultée par Athènes. Or, sur huit siècles, Sparte s’imposa la plupart du temps comme la plus importante cité du monde grec, politiquement, militairement et même parfois culturellement. Les auteurs nous font découvrir en tout cas une Sparte fort éloignée du mythe. Cet ouvrage se propose de restituer les huit siècles de l’histoire de Sparte, qui vont de la fondation de la cité à sa soumission aux Romains. S’il est admis qu’elle fut probablement la plus importante des cités grecques par l’étendue et la richesse de son territoire et par sa puissance militaire, elle apparaît souvent bien mystérieuse. Cependant, la très abondante historiographie des dernières décennies permet de dépasser la vision mythique d’une cité gouvernée par une élite, exclusivement traditionaliste et militarisée, telle que Xénophon ou Plutarque la décrivaient et telle que les délires totalitaires l’ont célébrée.
Les auteurs ont souhaité la faire revivre dans tout son dynamisme et restituer une évolution des institutions et des modes de vie longtemps perçus comme figés. Des études rigoureuses et documentées, et libérées de toute idéologie, ont restitué à Sparte son vrai visage : si elle fut bien une cité extraordinaire politiquement, militairement ou idéologiquement, ses faiblesses et ses échecs méritent d’être étudiés et compris.
L’analyse critique des mythes et des textes, l’exploitation des données archéologiques, la prise en compte de la géographie de l’ensemble du territoire, permettent de saisir concrètement le développement spectaculaire de cette cité jusqu’au début du IVe siècle av. J.-C. puis ses tentatives désespérées pour retrouver sa grandeur perdue et résister à tous ceux, Macédoniens ou Romains, qui cherchèrent à la contrôler.
Au total la cité lacédémonienne se voit ici consacrer une somme novatrice, fixant durablement la perspective, comme il n’en était pas paru en langue française depuis plusieurs décennies. C’est tout un pan de notre regard sur la Grèce ancienne que cet ouvrage contribuera à faire évoluer, en nourrissant un débat qui dans notre conscience historique et politique, reste fondamental depuis deux millénaires.

Jacqueline Christien a été maître de conférences à l’université de Paris X-Nanterre.
Françoise Ruzé est professeur émérite d’histoire grecque à l’université de Caen.




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