Terres de mémoire

Terres de mémoire

Ma Bourgogne

Le toit du monde occidental.

Henri Vincenot

Interviews d’Alfred Mignot.

Photographies de Gyula Zarand.

Editions universitaires Jean Pierre Delarge, 1979.

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De très grands écrivains d’aujourd’hui racontent de façon très libre dans chacun des livres de cette collection les souvenirs qu’ils ont de leurs terres d’enfance et de leurs racines, en ce qu’ils ont compté pour la création de leur personnalité et de leur œuvre.

Après André Dhôtel, l’Ardennais, voici Henri Vincenot, le Bourguignon, né en 1912, l’auteur célèbre de « la billebaude » et du « Pape des escargots » qui nous invite ici sur ses terres de mémoires, son chemin des étoiles.

La Bourgogne. La seule région de France qui ait un masculin : le Bourgogne. De ce vin là comme de celui, « raide », de son Arrière-Côte, Henri Vincenot est fier, en authentique Bourguignon. Mais à toujours parler de ce vin, qui a conquis le monde, on ne songe guère à tous les autres plaisirs qu’une civilisation lente, paysanne, forestière et artisanale était capable de procurer à ses adeptes.

Poursuivant ici le travail mis en évidence par « la billebaude » et le « pape des escargots » -raconter ses racines- Henri Vincenot défriche pour nous les taillis de notre inculture citadine. Sur les sentiers, il retrouve l’empreinte du grand noir, le sanglier seigneur des forêts morvandelles ; sur les chapiteaux des églises romanes, il décrypte des messages oubliés ; à table, il nous rappelle que bien manger et bien boire, c’est communier avec Dieu.

De cet homme qui ne prétend avoir aucun message à délivrer, mais qui tient à témoigner, nous apprenons que, contrairement à la fable, les gens heureux ont une histoire. Et avec leur « r » qui roule, leur Vouivre, leurs vins, leurs plats, leurs Saints et leurs racines, les Bourguignons ont su conserver, malgré la modernité –contre elle ?- l’instinct du bonheur.

 

Extrait :

« allez dans les auberges, le soir, une fois que le fumier a été tiré, que les vaches ont été soignées : vous y verrez ceux qui viennent boire le canon et jouer la partie de tarot. Je me demande en quoi on peut trouver dans leur type une quelconque influence « romaine » ?

Chaque communauté a son sobriquet. On nous appelle aussi les  « môssieurs ». C’est plus récent. « Pêle-chien », c’est moyenâgeux. Ça veut dire que les gens de chez nous iraient jusqu’à peler les chiens. On dit maintenant : « ils tondraient un œuf ». « il ne faut rien laisser perdre » : c’est presque la devise du village !

C’est aussi la mienne. Bien que nous soyons follement imprévoyants et négligents, par folles bouffées…Gaulois, quoi ! »

 

 

 

 

 

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