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Archives pour janvier 2018

Courtrai, 11 juillet 1302.

Courtrai, 11 juillet 1302.

Xavier Hélary.

Editions Tallandier 2012.

pattin arnaud courtrai

 

C’est le premier livre consacré à la bataille de Courtrai qui a opposé les chevaliers de Philippe le Bel aux Flamands. Elle est pourtant décisive : Philippe le Bel y a perdu une grande partie de sa chevalerie et surtout de son prestige. Avant Azincourt et Crécy, c’est la première grande défaite de la chevalerie française. Elle signe également la naissance du sentiment national flamand. Pourquoi la guerre a-t-elle éclaté entre Philippe le Bel et ses sujets flamands ? Comment une armée de chevaliers, de professionnels de la guerre, a-t-elle pu être vaincue ? Pour la postérité, la bataille de Courtrai sera la  » bataille des Éperons d’or « , la première défaite infligée à une armée de chevaliers par une armée d’artisans. Le 11 juillet 1302, devant les murailles du château de Courtrai, l’armée royale et les milices flamandes sont de nouveau face à face, comme elles l’ont souvent été depuis le début du siècle. Les forces en présence sont déséquilibrées : les troupes flamandes sont composées de 20 000 combattants à pied, alors que les troupes françaises atteignent les 50 000 archers, fantassins et chevaliers. Les Français jugent la victoire facile. Ils s’élancent et dans la précipitation s’embourbent dans les marécages. Les chevaliers, trop lourdement armés, ne peuvent s’extirper du bourbier. Les combattants flamands vont massacrer ces chevaliers à terre. Ce jour-là, la victoire sera flamande. Périssent ainsi Robert d’Artois, chef de l’armée et cousin du roi de France, le connétable de France, les deux maréchaux de France, le garde du sceau et des barons en grand nombre. Sur les cadavres qui parsèment le champ de bataille, les Flamands vainqueurs ramassent par centaines les éperons dorés qui sont l’attribut des chevaliers. En Belgique, on commémore encore chaque année le jour de la bataille, devenu jour de fête nationale. Pour les Flamands, cette victoire sonne le début de leur indépendance et acquiert une valeur symbolique.

 

Ancien élève de l’ENS, agrégé d’histoire, Xavier Hélary est maître de conférences en histoire médiévale à l’université Paris IV-Sorbonne.

 

Sommaire

 

  • LA BATAILLE DES EPERONS D’OR
  • LE COMTE DE FLANDRE ET LES FLAMANDS
  • LES MATINES DE BRUGES
  • L’ARMEE ROYALE
  • L’ARMEE FLAMANDE
  • LA BATAILLE S’ENGAGE
  • LA DERNIERE CHARGE
  • LA DEROUTE
  • LA MEMOIRE DE LA BATAILLE DE COURTRAI
  • LA POSTERITE D’UNE BATAILLE

 

Maurin des Maures.

Maurin des maures.

Jean Aicard.

Editions Phébus  1996

maurin des maures arnaud pattin

« Où l’on croit utile de rappeler au lecteur qu’en Provence la galéjade a valeur de légende et que celle de Maurin, natif des Maures, initie  à l’art du cyprès qui place son honneur à se tenir toujours droit. »

Longtemps difficile à trouver en librairie, ce « Raboliot » provençal (1908),composé dans la langue la plus chaude, la plus pure, est beaucoup plus qu’un simple roman de terroir : la geste d’un homme et d’un pays encore ensauvagés qui incarnent une façon unique d’être au monde – dans une insoumission de tous les instants.

Il y a du Don Quichotte chez Maurin le braconnier. Mais plus encore, peut être, de l’anarchiste. Ce chevalier n’est d’aucune école, d’aucun parti, d’aucune idéologie. On ne peut l’acheter, puisqu’il ne tient à aucun bien matériel, si ce n’est ceux que lui offre son errance : le gibier qu’on met rôtir sur la braise, la gourde de vin partagée au bord du chemin, la peau hâlée des beautés de rencontre. Il ne poursuit au reste aucun idéal saisissable, se bornant à faire ce qu’il peut pour se tenir droit – il y a du cyprès chez cet homme-, et veillant à ne courber le col devant aucun pouvoir.

Reste la magie du texte de Jean Aicard, dont la force poétique tient à ce qu’il ne cherche jamais à mettre la poésie en avant. Chaud, avons-nous dit, mais retenu pourtant, et clair comme un ciel nettoyé par le mistral. Reste surtout l’art d’un conteur qui construit son livre  en une succession de scènes brèves dont chacune, à sa façon, est inoubliable. Et dont chacune renvoie à cette leçon toujours bonne à méditer : si tu veux aller sans déchoir, ne demande rien à personne, offre sans rechigner ce que tu as – mais avant tout, refuse d’obéir à quiconque.




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