La nuit la plus cruelle.

La nuit la plus cruelle.

Le Dunkerque allemand.

Christopher Dobson, Ronald Payne et John Miller.

Editions France empire, 1981.

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Quand on évoque les tragédies de la mer ayant entrainé de lourdes pertes en vies humaines, trois ou quatre noms viennent à l’esprit : le « Titanic », qui heurta un iceberg en 1912, le « Lusitania » torpillé pendant la première guerre mondiale, l’ »Athena », coulé à l’aube de la seconde, et l’ »Andrea Doria » abordé en 1956. Mais nul ne songe au « Wilhelm Gustloff » !

Et pourtant près de 10000 personnes (les chiffres sont encore débattus de nos jours), dont 4000 enfants, chiffre record sinistre, périrent dans les eaux glacées de la Baltique quand le « Gustloff », un ancien navire de croisière de l’organisation nazie « la force par la joie » (KDF : Kraft durch Freude), fut torpillé par un sous marin soviétique dans la nuit du trente janvier 1945. Cette même nuit, deux autres paquebots, bourrés comme le « Gustloff » de réfugiés allemands, subirent le même sort, portant à 18000 le nombre de victimes. De toute l’histoire maritime, ce fut « la nuit la plus cruelle »…

Elle se situe dans le cadre de l’opération par mer la plus importante qui ait jamais eu lieu. Du 23 janvier au 8 mai1945, de Prusse et de Poméranie, deux millions d’hommes, de femmes et d’enfants allemands, fuyant devant les exactions de l’armée soviétique (rappelons ici que le propagandiste communiste, Ilya Ehrenburg avait appelé au meurtre de tous les  allemands), furent évacués par mer vers l’ouest de la Baltique. Harcelée sans répit par les avions et les sous marins soviétiques, l’armada considérable de navire de tous tonnages organisé par l’amiral Doenitz réussit ce tour de force au prix de lourdes pertes. Ce Dunkerque allemand représente six fois l’opération réalisée en 1940 en évacuant des plages de Dunkerque les troupes franco-britanniques encerclées…

Christopher Dobson et Ronald Payne, deux des auteurs de « la nuit la plus cruelle », après avoir appris par hasard le nombre effarant des victimes du « Gustloff », découvrirent que deux des trois paquebots coulés la même nuit l’avaient été par le même sous marin soviétique, celui du commandant Marinesko. Ils demandèrent alors à leur ami John Miller, correspondant du Daily Telegraph à Moscou, de faire une enquête sur ce capitaine de la flotte sous-marine russe.

Les recherches de Dobson et de Payne dans les archives de guerre à Londres et dans celles de l’Allemagne fédérale, les récits qu’ils recueillirent de la bouche même des rescapés de cette tourmente, l’enquête de Miller en URSS qui révéla l’étonnante personnalité du commandant Marinesko (un alcoolique coureur de maisons closes) héros soviétique dont l’ascension sera suivie d’une condamnation au Goulag pour « crimes politiques », font de « la nuit la plus cruelle » un livre inoubliable et éclatant sur l’une des plus dures et des plus étranges opérations, demeurée ignorée en France, de la seconde guerre mondiale.

On pourra, sur le même sujet, consulter les Ouvrages de Heinz Schön, notamment « die Gustloff Katastrophe », et le roman de Gunter Grass : « en crabe ».

 

 

 

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