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Quatre cimetières mérovingiens du Boulonnais.

Quatre cimetières mérovingiens du Boulonnais.

Abbé Daniel Haigneré.

Lafitte reprints à Marseille 1977.

Tirage limité à 400 exemplaires.

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Publiée dans les bulletins et mémoires des sociétés savantes locales ou régionales, l’œuvre archéologique de l’abbé Haigneré n’a connu qu’une diffusion restreinte, ce qu’il faut d’autant plus regretter que les « quatre cimetières mérovingiens du boulonnais » (1866) ou le « dictionnaire historique et archéologique du Pas de Calais, arrondissement de Boulogne sur mer » (1880-1882), sont des ouvrages assez solidement documentés pour avoir résisté au temps et rester les instruments indispensables de toute connaissance dans les domaines de l’archéologie et de l’histoire du boulonnais.

La découverte de la nécropole de Pincthun, en 1857, marque les débuts d’Haigneré dans l’archéologie mérovingienne, une science encore fort neuve, illustrée,  en France, par l’abbé Cochet dont la « Normandie souterraine » (1854) fait autorité. Il déchiffre le document archéologique qui s’offre à lui avec le même esprit méthodique et rigoureux qu’il apporte à l’étude et au classement des archives de la ville de Boulogne. Une présence continue sur le terrain, pratique peu courante à l’époque, et une exploration scrupuleuse au cours de laquelle chaque détail est noté, lui permettent de recueillir, avec un riche matériel archéologique, d’intéressantes observations concernant les coutumes funéraires. Quand à la suite de pressantes démarches de ses amis, dont C.Roach Smith et le major R.Luard, les « quatre cimetières » paraissent en 1866, les mêmes qualités se retrouvent dans la publication.

La classique dissertation sur la civilisation et les mœurs des populations mérovingiennes se trouve ici réduite à quelques paragraphes. Ces considérations, qui n’ont plus qu’une valeur historique, n’encombrent donc pas l’ouvrage comme c’est trop souvent le cas chez les « antiquaires » du XIXème siècle. De même, Haigneré aborde avec prudence le délicat problème de la chronologie, encore mal définie à cette époque. Et si l’abbé Cochet, dans une lette du 5 janvier 1866,  reproche à son texte de manquer de rapprochements, il faut y voir une volonté de sobriété et non un manque de connaissance. Baudot, Cochet , Hagemans, Lindenschmit, Roach Smith, Troyon, Wylie sont cités succinctement en note quand des comparaisons ou des explications paraissent utiles à l’auteur. Haigneré s’attache à consigner ses observations plus que ces interprétations. Il est l’un des trop rares auteurs qui ont suivi l’exemple des frères Lindenschmit en publiant un plan de la  nécropole de Pincthun, ainsi qu’un inventaire par tombe, beaucoup plus détaillé et plus précis que celui de ses modèles.

Grâce au souci de l’abbé Haigneré de toujours « asseoir fièrement son édifices sur le roc indestructible du document », son ouvrage reste, plus d’un siècle après voir été écrit, la meilleure monographie de  nécropole publiée dans le nord de la France.  C’est aussi la seule publication qui nous fasse connaître les riches cimetières mérovingiens du VIIème siècle de la région boulonnaise.  Ces raisons justifient une publication qui rendra plus accessible un document utile et d’une lecture agréable car fort bien écrit.

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