Archives pour la catégorie Régionalisme

Fruchart, alias « Louis XVII »

Fruchart, alias « Louis XVII »

Jean Houcke

Edité et imprimé par le foyer culturel de l’Houtland. 1991

fruchart jean houcke Arnaud pattin

Le 29 décembre 1813, devant le Corps Législatif, le député Lainé prononçait une violente philippique contre l’Empire. Dénonçant les excès de la conscription, devenue « un odieux fléau », il affirmait : « trois fois par an, on moissonne notre jeunesse ».

Ce ras le bol des guerres de Napoléon, il y avait belle lurette qu’un jeune paysan de Merville (Merghem), l’avait traduit en émeutes puis en lutte ouverte et organisée contre l’Empereur.  D’un charisme étonnant, d’une audace inouïe et d’un courage exemplaire, Louis Fruchart avait, en quelques  semaines,  transformé la Flandre intérieure et une partie de l’Artois en une petite Vendée. Les troupes régulières du vainqueur d’Austerlitz avaient bien garde de s’aventurer dans ce maquis flamand où, avec panache, Louis Fruchart faisait la loi.

Journaliste rompu aux techniques de l’enquête, amateur d’histoire, familier des archives, Jean Houcke nous propose le reportage de l’épopée de ce personnage de légende, que ses contemporains appelèrent « Louis XVII ». L’auteur s’efforce surtout de replacer les exploits de son héros dans le contexte de l’époque. Tâche difficile car il s’agit de l’une de ces périodes troublées où l’histoire s’accélère et s’emballe au point de donner, parfois, le vertige aux fervents de Clio. La succession alternée des régimes et des gouvernements et ses conséquences sur la vie quotidienne n’est pas le moindre attrait de cette évocation qui permet à Louis Fruchart, « Louis XVII » « roi des conscrits », le plus illustre des Mervillois, de retrouver, dans notre histoire régionale sa véritable place : l’une des premières.

 

 

Les noms de lieux en France.

Les noms de lieux en France.

Ernest Nègre

Collection Armand Colin, Paris 1963.

N°376, 220 pages, 1 carte.

ernest nègre arnaud pattin

 M. l’Abbé E. Nègre. Professeur à la Faculté Libre des Lettres à Toulouse (Institut Catholique), est bien connu pour les travaux qu’il a consacrés aux noms de lieux du département du Tarn (1). Ces études régionales, limitées à un cadre géographique restreint, lui ont permis d’aborder, à partir de données assurées, les principaux aspects de la toponymie française dont il nous offre aujourd’hui, dans un petit manuel à l’usage des étudiants et du grand public, un tableau d’ensemble bien documenté.

Après avoir défini les buts et les méthodes de la science- toponymique.  l’Abbé E. Nègre, s’aidant à la fois des principaux ouvrages de ses prédécesseurs (A. Longnon, A. Vincent, A. Dauzat) et du résultat de ses propres recherches, nous présente la succession des grandes étapes historiques au cours desquelles a été progressivement constitué l’immense trésor des noms de lieux de France. Il examine ainsi, dans l’ordre chronologique, les formations préceltiques et celtiques (chapitres 1 et 2), avec un court appendice sur les influences phéniciennes et grecques (chap. 3), puis les formations latines ou romanes, antérieures nu xr siècle (chap. 4) ainsi que les formations non romanes (germaniques, bretonnes et basques) qui font l’objet du chapitre r,, enfin, les formations des dialectes romans actuels (chap. 6) et les formations proprement françaises, très peu nombreuses (chap. 7).

Dans l’avant-dernier chapitre, qui est à juste titre le plus important de I ‘ouvrage (73 pages), puisqu’il correspond à la très grande majorité des toponymes recensés, l’auteur souligne la variété des évolutions phonétiques locales : cf. p. 144, les différentes dénominations des terrains couverts de fougères. Comme tous les noms de lieux d’une région donnée, quelle que soit leur ancienneté, ont été soumis dans leur dernier état aux influences complexes qui ont déterminé la structure des parlers actuels. la connaissance précise de ces parlers et de leur histoire constitue, au départ, la base solide sur laquelle doit s’appuyer toute recherche toponymique.

Pratiquant lui-même cette méthode éprouvée, M. l’Abbé E. Nègre a introduit dans son exposé une foule d’exemples nouveaux qu’il a empruntés aux régions qu’il connaît particulièrement bien (domaine occitan) et qui apportent souvent une contribution originale à la solution de problèmes en suspens. C’est ainsi par exemple que la forme locale du mot sable, qui est saule dans lu moyenne vallée de la Garonne, permet d’interpréter les toponymes Sauté et Saulet dans le Lot-et-Garonne, non pas comme des « lieux plantés de saules > (le terme occitan étant safre ou sauze) mais comme des « terrains sablonneux > (p. 134). De même, le passage du groupe -nti- i, -urs- (S. A man­tio > St-Chameaux. dans le Tnr n) autorise le rattachement du nom de la ville de Carmaux, dans le même département, à l’anthroponyrne gaulois Caramantin» (p. 48) : ajoutons, ù l’appui de cette expltcatiun phonétique, que l’archéologie semble confirmer cette étymologie puf s­que des amphores italiques du 1er siëcle av. J .-<:. ont été trouvées ù côté de l’ancienne mine de cuivre de Rosières (Le Cros de l’.4 oenc), située dans ln banlieue même de Carmaux.

Ce dernier exemple souligne également. comme le fait l’auteur dans l’introduction de son livre, les liens multiples qui relient I ‘étude des noms de lieux aux recherches parallèles des historiens et des archéologues : c’est dire assez que ce nouveau manuel de toponymie apportera à de nombreux lecteurs, intéressés par d’autres disciplines, d’utiles éléments d’information, bien classés et clairement présentés.

Puisqu’un compte rendu doit comporter une partie critique, indiquons à présent, en plus de quelques corrections concernant la forme de certains noms de lieux (p. 53, Lauenças pour Laveneas, hameau de la commune de Saint-Georges-de-Luzenron, Aveyron. situé sur 14;’ ruisseau de Lavencou ; :p. 147, Montplaisir cité à côté de Mon/plai­sant, sans autre explication, ce qui risque de faire oublier qu’il s’agit d’une fausse graphie pour Monplaisir, cf. : Monrepos). diverses objec­tions sur des points de détail.

Dans les chapitres concernant les formations préromaines, pourquoi rattacher Toulon (Allier, Marne, Saône-et-Loire) à lu « racine préceltique tull, hauteur » (p. 26) et Toulon (Var, Dordogne, Allier, Saône-et-Loire) ù c: Telo, nom d’un dieu gaulois des sources » (p. 47). Comme l’a bien montré P. Aebischer (Revue Celtique, 47, 1930, pp. 427-441), il s’agit d’un même mot, très probablement gaulois – à en juger par son aire de répartition – qui est it l’origine de tous ces Toulon et aussi, comme le note d’ailleurs M.· l’abbé E. Nègre (p. 52) des noms communs téron et touron c: source >, répandus sur le même territoire. Bien que M. Ch. Rostaing (Toponymie de la Provence, pp. 262 et 270) ait également fait entrer sous deux rubriques différentes Le Thoronet (Lorgues, Var) et Le T’boronet (Gourdon, Alpes-Maritimes), il semble bien qu’il s’agisse dans les deux cas du même appellatif d’origine celtique désignant une source. Ce terme présente un vocaltsma différent de celui du mot pyrénéen luron, qui signifie exclusivement « hauteur, tertre :> : cf. le nom du tumulus dit le Turon de Bernac, à Bernac-Debat (Htes-Pyrénées).

Inversement faut-il faire descendre à la période latine ou romane les noms de ruisseaux du type Merdanson (p. 63) dont le suffixe en -ntto semble indiquer. d’après les travaux de M. H. Krahe (Sprache und Vorzeil, Heidelberg. 1954, p. 57), une origine beaucoup plus ancienne : cf. les hydronymes apparentés du type Merdaric, également assez nombreux. qui présentent un double suffixe -ara+ -ic, dont le dernier est celtique. L’alternance des deux suffixes -ntio et -ara, que l’on retrouve dans Visontion (Besançon)/Visara (Vézère), est caractéristique, d’après le même auteur, de l’indo-européen occidental (alteuropaïsch), antérieur à la différenciation du gaulois. D’autre part, ces hydronymes désignent-ils vraiment des eaux malodorantes ? Sur le Causse de Sauveterre, la source-puits de Merdans, près de La· Péri­gouse (Cne de Sainte-Enimie, Lozère), a des eaux qui ne sont pas spécialement malpropres. Le problème qui se pose est donc de savoir si le radical de ces hydronymes est bien le mot latin merda. ·

Dans le chapitre consacré aux formations germaniques, il nous semble imprudent d’attribuer aux Wisigoths à la fois les noms en -ens (par ex. Escatalens) et les noms en -ville (par ex. Ramonville) de la région toulousaine (p. 109). Si la première série peut être sûrement attribuée à ce peuple, par contre la seconde doit être postérieure au v1• siècle et révèle plutôt des influences franques quelquefois fort tardives : c(. les nombreux Merville (Rte-Garonne, N’ord, Somme, Eure, Calvados) formés avec un adjectif roman (A. Vincent, TF, § 762). D’un autre côté, le nom de lieu Margastaud, qui est interprété comme une formation romane (p. 63), pourrait être considéré, à notre avis, comme un toponyme d’origine wisigothique, ainsi que nous essaierons de l’établir dans une étude spéciale.

Ces quelques critiques, qui ne sont, à vrai dire, que des interrogations, concernent principalement des domaines encore insuffisamment explorés (toponymie préromaine, toponymie germanique, hydronymie). Elles ne sauraient diminuer la valeur de cet excellent manuel qui ordonne clairement une masse considérable d’exemples répartis sur l’ensemble du territoire français. Elles reflètent simplement l’état provisoire d’une science en devenir dont les matériaux s’augmentent tous les jours de la publication de nouveaux documents (textes inédits, lieux-dits cadastraux, atlas linguistiques, découvertes archéologiques) qui font surgir chaque fois de nouveaux problèmes.

Le livre dense et vivant de M. l’Abbé Nègre trouvera certainement un très large public, car il donne à son lecteur la certitude stimulante que la connaissance approfondie des toponymes de son entourage familier lui permettra de saisir au-delà de la résonance affective, mais encore confuse, de noms restés le plus souvent inexpliqués, l’écho objectif et clair d’un vrai savoir.

André SOUTOU.

 

 

 

Géants et gueux de Flandre Dix siècles de mythes et d’histoire.

Géants et gueux de Flandre Dix siècles de mythes et d’histoire.

Tristan Frédérick.

Balland France Adel 1979.

géants et gueux de Flandre

Retrouver à travers contes, légendes, coutumes et rites la « mémoire de Flandre », tel est le but que s’est fixé Frédérik tristan. Jean gayant, dit Jean de l’Ours, Lauriane et Halewyn, Tyl Uilenspiegel, autant d’histoires qui, de l’époque celte à l’aube du XVIIeme siècle, ont formé l’âme du « plat pays », sans oublier les coutumes dont on ne connaît plus très bien le sens mais que la tradition a maintenues vivantes : les Bourdis, le Carnaval, le Saint Sang, les jeux de la Halle.

Entre délire et sagesse, Frédérik Tristan nous conte ici avec son érudition amusée l’histoire intérieure d’une des régions belges et françaises les plus riche et les plus attrayantes, d’autant moins connue qu’aucune étude de cette envergure n’avait été entreprise à son sujet depuis le XIXe siècle.

 

 

Guide secret de la Picardie

Guide secret de la Picardie.
René Gast et Guillaume Rateau.
Editions Ouest France. 2011.

guide secret de la picardie arnaud pattin
Terre frontière, la Picardie a su édifier, malgré la barbarie des guerres et des invasions qui l’ont ravagée durant des siècles, une culture d’une incomparable richesse. A chaque âge de l’humanité s’y est inventée une nouvelle civilisation, dont chacune a constitué le terreau sur lequel la suivante s’est construite, donnant naissance à un immense corpus de mythes, de croyances et de légendes. Chasseurs paléolithiques et chevaliers féodaux, serfs réfugiés dans leurs villes souterraines ou leurs églises fortifiées, bourgeois défiant du haut de leurs beffrois la toute-puissance de leurs seigneurs, bâtisseurs de cathédrales, sorcières au bûcher, utopistes inventant la cité idéale, combattant obscurs de la Caverne du Dragon…Cette longue chaîne humaine a forgé la très ancienne mémoire picarde, dans laquelle sont encore enfouis d’étranges secrets…

Très nombreuses illustrations. 143 pages.

 arnaud pattin ©

saint vulfran arnaud pattin Saint Vulfran (Wulfram) à Abbeville.

Le Mont des Cats.

Le Mont des Cats.

La trappe des Flandres.

Christine Hanscotte-Proust

Editions de la Voix du Nord 2005.

mont des cats arnaud pattin

Depuis 1826, le mont des Cats est couronné d’un monastère trappiste héritier des couvents cisterciens de la Flandre médiévale. Dans ce lieu de paix soumis à la clôture, une communauté d’hommes a choisi de vivre selon la règle de Saint Benoît conjuguant silence, travail manuel et prière.

Aujourd’hui, l’abbaye Sainte Marie du Mont vit grâce aux revenus d’une fromagerie réputée et rayonne d’une spiritualité monastique qui s’étend par delà nos frontières et la place parmi les hauts lieux du patrimoine religieux du Nord de la France.

Christine Hanscotte Proust est assistante qualifiée du patrimoine archives. En 1990, elle a rédigé son mémoire de maîtrise d’histoire sur l’abbaye du mont des Cats, sous la direction d’Yves Marie Hilaire (université de Lille III). Depuis, elle a déjà publié sur ce sujet dans la revue « l’information historique » et les « annales des Pays Bas français » (1995).

Nombreuses illustrations, fascicule de 50 pages.

Le Nord pas de calais, Un champ de bataille de l’Europe.

Le Nord pas de calais,

Un champ de bataille de l’Europe.

Sous la direction de Stéphane Curveiller et Alain Lottin.

Editions les échos du pas de calais. 2014

le nord pas de calais un champ de bataille de l'europe stéphane

Les territoires formant l’actuelle région Nord pas de calais sont un lieu de passages, d’échanges et de rencontres, pacifiques ou conflictuelles. Tout au long de l’histoire, des armées de différents pays d’Europe – et du monde au XXe s.-, des chefs d’Etat  (César, Philippe Auguste, Edouard III, Charles Quint, Louis XIV, Napoléon, Guillaume II, Hitler), des généraux célèbres (Condé, Turenne, Marlborough, le prince Eugène de Savoie, Faidherbe, Pershing, Foch, Rommel et tant d’autres), les ont parcourus et s’y sont affrontés.

Les populations de notre région – qui fut littéralement un champ de bataille de l’Europe- y ont payé un lourd tribut.

Les principales batailles sont ici replacées dans leur contexte historique et international pour comprendre les motifs des affrontements et leurs conséquences. Si cette année 2014 voit la nation française commémorer quelques dates clés de son histoire : Bouvines (1214), les débuts de la terrible Grande Guerre (14-18), la Libération par les Alliés de l’occupation nazie (1944) – au cours desquelles le Nord pas de calais a été au centre des combats et soumis à  rude épreuve –  ce livre est aussi une contribution à ce qu’il est convenu d’appeler « le travail de mémoire ».

Table des matières :

-la bataille du sabis

-les batailles de Tertry et de Vinchy

-Cambrai face aux Hongrois

-la première bataille de Cassel

-la bataille de Bouvines

-la bataille de Courtrai

-la bataille de Crécy

-la bataille d’Azincourt

-les conflits de premier XVIe siècle : Guinegatte Thérouanne et Hesdin

-Turenne, Condé et les batailles de la guerre de trente ans : Rocroi, Lens, Les Dunes

-les principales batailles du règne personnel de Louis XIV

-la bataille de Fontenoy

-les batailles de la Révolution française : Hondscotte, Wattignies et Tourcoing

-la guerre de 70

-les combats de la Grande Guerre

-Mai Juin 40

-la bataille des ports

 

 

Les Provinces de France

Provinces de France.

Histoire et dynasties.

Pierre Derveaux.

Editions d’art Derveaux Saint Malo 1989.

provinces de france pierre dervaux pattin arnaud

La France n’a pas toujours été l’hexagone que nous connaissons aujourd’hui. A vrai dire, on nous a enseigné l’histoire de l’état français comme s’il s’agissait depuis toujours du même pays. En réalité, c’est l’histoire d’une lente et patiente reconquête, fief après fief, puis d’une expansion territoriale qui a fait de la France un ensemble multinational.

L’histoire de nos provinces avant leur annexion montre une identité parfois nettement distincte. Elle est illustrée ici de généalogies de leurs anciens seigneurs, parfois souverains, et des blasons qu’elles ont souvent gardés de nos jours comme emblème.

Ouvrage en deux parties :

1-      L’héritage.

2-      L’expansion.

flandre pierre derveaux arnaud pattin

Quand le Nord devenait français…

Quand le Nord devenait français…

Jean michel Lambin.

Edition Fayard 1980.

quand le nord devenait français jean michel lambin arnaud pattin
     Le 26 juin 1658, Louis XIV entre dans Dunkerque, la première grande ville de Flandre conquise par ses armées. Vingt ans plus tard, bien d’autres villes des Pays-Bas espagnols passent sous la domination française, pour quelques années ou jusqu’à nos jours : Avesnes, Douai, Lille, Tournai, Courtrai, Charleroi, puis Valenciennes, Cambrai, Ath, Ypres et Maubeuge.

     Pendant trois quarts de siècle, le plat pays est ravagé par la guerre. « Délivre-nous, Seigneur, de la peste, de la guerre et de la faim. » Telle va être la prière lancinante de plusieurs générations de paysans, d’ouvriers et de bourgeois du Nord.

     Le sud de la Flandre et du Hainaut, le Cambrésis deviennent français dans un climat d’hostilité générale. Le roi de France est alors « l’ennemi français ». Il lève de lourds impôts et envoie des intendants tout puissants dans les provinces. Il est l’allié des ennemis de la religion, les Turcs et les protestants. Certains disent même qu’il est athée et libertin. En somme, il est le contraire du roi d’Espagne. Par ailleurs, les villes tiennent à conserver leurs privilèges qu’elles appellent des  »libertés ». Pour toutes ces raisons, on reste fort attaché à l’Espagne d’autant que le débouché naturel des Pays-Bas est Anvers, porte du gigantesque Empire espagnol.

     Alors, il faudra beaucoup de temps, de patience et d’habilité de la part du pouvoir français pour conquérir les cœurs, après avoir forcé les murailles des villes.

 

Professeur d’histoire agrégé, Jean-Michel Lambin enseigna l’histoire durant 38 ans, dont 16 en hypokhâgne et en khâgne, il fut aussi directeur de collection de manuels scolaires d’histoire de 1981 à 2011 (environ 40 manuels parus, du Cours élémentaire à la Terminale).

 

Noms de lieux picards du Boulonnais.

Noms de lieux picards du Boulonnais.

Jacques Mahieu-Bourgain.

Editions Christian Navarro 2004.

arnaud pattin lieux picards boulonnais mahieu bourgain

 

Qui, mieux que Jacques Mahieu Bourgain, était apte à nous faire profiter d’un nombre incalculable d’années de recherches patientes et enthousiastes sur le parler picard du Boulonnais, sur ses racines, sur sa lecture, que non seulement il ne se contente pas d’expliquer savamment, mais qu’il enrichit au fur et à mesure de sa quête.

Fier de ses origines, fier de sa connaissance, fier de son terroir, défenseur infatigable et talentueux de notre patrimoine, c’est une contribution magistrale et originale à la préservation de notre langue qu’il nous offre dans cet ouvrage.

 

Extrait :

« il n’existe pas de peuple picard comme il existe un peuple flamand, normand ou breton…l’aire linguistique picarde n’a jamais correspondu à une quelconque entité administrative et la population picardophone, issue grosso modo d’un mélange d’envahisseurs germaniques (les francs ) et d’autochtones belgo-romains, s’est répandue plus ou moins dans cet espace tant convoité et tant disputé que constituent les pays situés entre la Normandie et l’île de France au sud, la Champagne et les Ardennes à l’est et la Flandre au nord. »

mahieu bourgain arnaud pattin picard boulonnais

 

Les autres et les miens.

Les autres et les miens.

Pierre Jakez Hélias.

les autres et les miens arnaud pattin

Né en 1914 au bourg de Pouldreuzic, sur la baie d’Audierne, Pierre Jakez Hélias est fils de parents ouvriers agricoles. A la libération, après avoir été rédacteur en chef de l’hebdomadaire Vent d’Ouest, il est chargé à la radio d’assurer des émissions à l’intention des auditeurs de basse Bretagne.

Président de la commission nationale de folklore à la ligue de l’enseignement, il dirigeait des stages régionaux et nationaux de civilisation populaire à travers la France.

Il fut également professeur agrégé de lettres à l’École normale du Finistère, chargé de cours de celtique à l’Université de Bretagne Occidentale.

Il est l’auteur de nombreux livrets d’études et de contes, de recueils de poèmes et d’ouvrages de synthèses (le Pays Bigouden, Vivre en Cornouailles). Son ouvrage le Cheval d’Orgueil a obtenu en 1975 le prix Aujourd’hui.

« Les miens est les autres » est un recueil de contes et de récits. La matière de ce livre a été recueillie par l’auteur pendant qu’il poursuivait l’inventaire de sa civilisation maternelle dont il devait superbement témoigner dans « le cheval d’orgueil ».

Les mêmes traits et le même ton s’y reconnaîtront sans peine mais nuancés, diversifiés, du seul fait que la quête à débordé le cadre du pays bigouden. Il évoque encore les mœurs de son pays, mais il nous fait surtout plonger dans le monde des contes, récits qu’il a recueillis ici et là pendant douze ans.

Toute l’essence d’une culture bretonne s’exprime ainsi à travers ces récits qui faisaient le contenu même des traditionnelles veillées. Entre le vrai et l’imaginaire, on apprend ainsi à « démêler la surréalité bretonne de son masque raisonnable. » « A mesure que le temps passe a dit Pierre Jakez Hélias, je me persuade de plus en plus que ces contes valent toutes les légendes du monde. »

 


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